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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 14:54

 

 

"  Souviens-toi de ce qui te cause du tort, ce n'est pas qu'on t'insulte ou qu'on te frappe, mais l'opinion que tu as qu'on te fait du tort. Donc si quelqu'un t'a mis en colère, sache que c'est ton propre jugement le responsable de ta colère. Essaie de ne pas céder à la violence de l'imagination, car une fois que tu auras examiné la chose, tu seras plus facilement maître de toi."

 

Epictète

 

" L'agressivité serait-elle une fatalité de la vie moderne ? Que ce soit au bureau, dans les transports en commun ou en famille, il n'est pas rare de se sentir agressé plusieurs fois dans une même journée.

Inversement, qui n'a pas cédé à la colère pour des mobiles qui, a posteriori, semblent dérisoires, voire injustes ?

Le stress suffit-il à tout expliquer ? Et peut-on apprendre à mieux gérer son comportement et celui d'autrui pour éviter l'escalade ? "

 

 

Dans les deux premières parties de l'ouvrage, l'auteur nous propose une définition de l'agressivité, un panorama de "l'histoire de l'agressivité", le point de vue de la psychanalyse sur cette notion ( selon Freud, Adler, Abraham et Klein), la "biologie" de l'agressivité (le rôle du cerveau), l'agressivité dans les différents âges, dans les troubles psychiques, dans les maladies organiques, chez les criminels ; les liens que l'on peut établir entre  l'agressivité et  le stress, l'alcool, le café, la cigarette ;  l'amour, l'amitié, les relations familiales...; le sport, la télé, l'école, la politique.

 

Puis, Christian Zaczyk se penche sur plusieurs notions  

 

_ La notion de communication . Il distingue la communication  digitale, c'est-à-dire verbale  et analogique ( = non verbale : postures, gestes, mimiques, inflexions de voix, intonation, succession de mots...). Les interprétations parfois erronées des messages envoyés ou le décalage entre les différentes formes de communication créent des malentendus, des tensions, des conflits...

 

- La notion de causalité.

"On parle de causalité linéaire quand un événement A entraîne un effet B.

La même cause produit toujours le même effet.

Dans la causalité circulaire, on ne sait pas si A précède B ou inversement.

Chaque élément est cause et effet. La dispute dans un couple suit souvent cette logique. B prétend que A a commencé, A prétend que c'est B, sans s'apercevoir que la réponse de l'un influence celle de l'autre (notion de rétroaction).

(...)

Dans ce modèle causal circulaire, le symptôme a une fonction : il sert de message par son effet sur la relation. L'effet pervers est que le symptôme peut servir à l'équilibre du système".

 

- Les   relations symétriques et complémentaires entre deux partenaires :

Selon lui, " dans une relation fondée sur l'égalité, les partenaires adoptent un comportement en miroir. On assiste à une minimalisation des différences. Le danger vient de la rivalité. L'escalade symétrique risque, par un emballement du système d'aboutir à terme à des scènes et des conflits et à la frustration des deux partenaires; ils s'arrêtent quand ils sont épuisés, dans une trêve passagère, puis recommencent. Les relations symétriques saines sont caractérisées par le respect mutuel et la confiance réciproque qui évitent la malheureuse escalade symétrique.

Dans une relation complémentaire, l'un des partenaires occupe la position haute, l'autre la position basse. Ce type de rapports existe socialement, c'est le cas de la relation mère-enfant, médecin-malade, professeur-élève, et certains couples...

Chez l'un des partenaires ou les deux, on assiste  à un sentiment croissant de frustration. Ces individus sont adaptés en dehors de la relation et affichent un comportement satisfaisant. En présence de leur partenaire, ils changent du tout au tout.

Une thérapie de couple peut viser à introduire une dose de symétrie dans la complémentarité, ou l'inverse".

 

 

  La troisième partie de l'ouvrage s'intitule comment faire face à l'agressivité ? 

Impossible pour moi de reprendre tout ce qui a été dit, tant ces passages sont  riches.

  Un certain nombre de points ont cependant  particulièrement retenu mon attention :

 

- On trouve souvent à l'origine de l'agressivité, des pensées négatives ou hostiles. ; le fait de repérer ces pensées hostiles peut permettre  de diminuer l'importance de leurs conséquences en  trouvant des alternatives rationnelles.

En effet, selon l'auteur, "ces pensées comportent des distorsions cognitives qu'il convient de remplacer par des pensées plus conformes à la réalité" et ceci dans la mesure où ce "n'est pas l'événement qui nous affecte, mais l'idée qu'on en a. En d'autres termes, ce n'est pas la situation qui provoque le sentiment de colère, mais la façon dont vous l'interprétez."

 

  - "Si l'agressivité n' a pu être complètement désamorcée par l'identification des pensées hostiles, exprimer sa colère est préférable. Cela ne signifie pas qu'il faille l'accompagner d'un comportement agressif.(...)

La colère peut toutefois permettre de mettre au jour des problèmes si l'émotion ressentie est reprise ensuite dans une discussion constructive.( ...)

La colère non exprimée induit en effet non seulement des manifestations somatiques comme des douleurs diverses, un état de tension mais aussi des ruminations hostiles qui auront tendance à s'extérioriser de façon camouflée par de petites réflexions, de la médisance, le mépris, l'hostilité passive. (...)

Exprimer sa colère ne signifie pas tout casser dès qu'on se sent mécontent, mais dire les choses de façon affirmée.


- "Pour faire une critique de façon affirmée, il convient de suivre la procédure suivante :

- Définir le problème clairement ( Quand vous...)

- Exprimer les conséquences émotionnelles sur soi ( cela me touche...) ou matérielles ( cela me fait ...)

-  Rechercher des solutions en  impliquant l'autre ( Qu'est-ce qu'on pourrait trouver comme solution ensemble?)"

 

4) "Pour formuler une demande sans être agressif, les principes sont les suivants :

- Déterminer votre objectif ( ex : demander un congé à son patron)

- Exprimer la demande avec clarté

- Persister dans la voie de la demande (technique du disque "rayé" ou "brisé" qui consiste à répéter la critique ou la demande)

- Expliquer les conséquences sur soi

- Montrer de l'empathie ( c'est "la capacité de se mettre à la place de l'autre, de ressentir ce qu'il ressent").

 - Rechercher des solutions, des compromis, un message positif..."

 

- "Refuser sans agresser

- "Dire "non " ( Je ne suis pas d'accord, je ne le souhaite pas, cela ne me convient pas"...)

- Persister ( disque "rayé")

 - Suggérer une alternative ( "Peut-être pourrais-tu" ...)"

 

- "Faire face à l'agressivité venant des autres

* Avant la mise en situation, identifier les schémas de pensées associées à l'agressivité ( ce que je pense, ressens ? pourquoi ? ce que j'imagine, les conséquences, les solutions ?)

* Pendant la situation, garder son calme  en prenant du recul par rapport au contenu digital et contrecarrer les pensées associées à la colère.

* Après la situation, parler, décrire l'événement consulter un spécialiste. Eviter les "j'aurais dû faire ceci" et réfléchir plutôt aux stratégies futures".

 

  - "Mettre les autres en furie :

 * Adoptez la technique du "rejetez-moi"

* Refuser d'avoir une bonne communication quand l'autre aborde des problèmes ( lui dire en langage analogique "cause toujours, tu m'intéresses" en allumant la télé, en continuant à vaquer à vos occupations, en rangeant vos dossiers, en quittant la pièce, en utilisant l'ironie, le sourire en coin, le regard complice avec une autre personne.

* Sourire ouvertement, remuer la tête avec l'air de dire "n'importe quoi" quand un orateur s'adresse à un groupe dont vous faites partie.

* Se comporter comme si l'opinion de l'autre n'avait aucune valeur.

* Attaquer l'estime de soi , de l'autre ( "tu es nul, tu ne comprends jamais rien").

* Montrer de l'hostilité passive : dire "oui, je m'en occupe" et ne rien faire du tout.

* Médire en s'arrangeant pour que l'autre le sache."

 

- "Faire face à une critique

Quand la critique est bonne :

 * Ecouter attentivement

* Reconnaître que l'autre a raison en dissociant votre comportement critiqué d'un jugement négatif sur la totalité de votre personne. Ne pas minimiser ou ridiculiser ce que l'autre a dit.

* Montrer de l'empathie ( "je comprends que tu ...")

* Expliquer ce qui vous fait agir ainsi.

  * Proposer un changement ou un non-changement.

Quand la critique est fausse :

* Ecouter attentivement

*Nier

* Procéder à une enquête négative = demander si vous avez fait autre chose de déplaisant en recherchant tous les défauts que vous pourriez avoir, selon votre interlocuteur et en demandant des précisions.

* Persister dans la négation

Quand la critique est vague

* Ecouter attentivement

 * Accuser réception de la critique et reformuler " si je t'ai bien compris, tu trouves que ...

  * Demander des précisions  : a) la critique est vraie (accord); b) la critique est fausse ( voir précédemment)

* Adopter la technique du disque "rayé", du brouillard, de  l'édredon.

Le brouillard consiste à être d'accord tout en restant vague sur le caractère de la critique et son bien fondé afin de ne pas offrir de prise à l'autre.

La technique de l'édredon consiste à répondre "c'est exact" à un fait indéniable et "c'est possible" à une simple opinion."

 

  - "Face à la médisance

Quand une personne se plaint de médisance, je lui expllique que le problème n'est pas la médisance elle-même, contre laquelle on ne peut réellement agir, puisqu'il s'agit d'une manifestation cachée de l'agressivité, mais le ressentiment qu'elle a sur nous. J'aime alors prendre l'exemple du canard : quand un canard prend son envol sous une pluie battante, ce qui peut le mettre en péril, ce n'est pas l'eau elle-même, mais le fait que ses ailes ne soient pas impeméabilisées. Les médisances doivent glisser sur vous comme les gouteletttes d'eau sur les ailes d'un canard. Pour arriver à ce résultat, il faut agir sur les schémas de pensées qui induisent la réponse aux médisances.

Si ces schémas de pensées ont autant d'emprise sur vous, c'est qu'ils reposent sur des croyances du type : "On ne peut pas vivre sans être aimé", "je dois avoir l'estime de tous", " Je dois tout réussir"?

Rayez cela de vos papiers ! il n'est absolument pas nécessaire et il est quasi impossible d'être aimé de tous. Si un de vos comportements est répréhensible, cela est humain ; vous avez le droit de vous tromper; une de vos actions ne définit pas votre être tout entier. Prenez les reproches comme une opportunité pour vous améliorer. Si les médisances concernent votre manière d'être, voyez si vous avez envie de la modifier et comment. Si les médisances sont infondées, dites-vous que les autres ont aussi le droit à l'erreur."

 

 - Pour finir une citation

" Prends aussi l'habitude d'écouter sans distraction ce qu'on dit ; et entre, autant qu'il se pourra dans l'esprit de celui qui parle. "

Marc Aurèle, Pensées, Livre VI




 

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commentaires

Christian ZACZYK 27/12/2010 05:20


Merci pour votre analyse très fine de mon livre. Je vous remercie pour cette lecture attentive. Il me semble que ce livre est difficilement trouvable par rapport à mon dernier.


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