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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 18:21

Quatrième de couverture

 

"Pourquoi tombons-nous malades ? Faut-il se contenter de voir la maladie comme un ensemble de symptômes à supprimer, ainsi que la médecine scientifique le recommande ? Ne faut-il pas saisir l'occasion de cet événement perturbateur pour trouver la source de ces douleurs, souffrances ou angoisses ?

Où trouver l'accompagnement nécessaire dans la recherche du sens de ce qui nous arrive ? Comment utiliser toutes les ressources thérapeutiques complémentaires qui prennent en compte la personne dans sa globalité ?

Tentant de  répondre à ces questions, J.P Muyard porte aussi un regard nouveau sur les maladies qui sont le miroir de notre société (la tuberculose, les accidents cardio-vasculaires, le cancer, la dépression, l'autisme...) montrant qu'elles ne sont pas seulement liées à des lésions organiques mais aussi à des facteurs cachés ( terrain, hérédité, environnement), socio-économiques , subconscients (traces mémorisées des traumatismes infantiles ou transgénérationnels), inconscients (méandres du Désir).

Guérir n'est donc pas une bataille contre la maladie ou la mort. Cela consiste à accompagner les transformations du corps à la recherche d'une autre existence, à inventer une autre manière d'être au monde et aux autres."

 

 

 

Quelques idées que j'ai retenues :

 

- La médecine occulte parfois les questions que font émerger une maladie grave en apportant des réponses rapides chargées de faire disparaître les symptômes.

" Derrière la maladie, il y a un sujet malade, une personne qui se trouve brusquement, et souvent sans ménagement, confrontée à la nécessité de chercher un sens à ce qui lui arrive..."

 

- Notre corps est une "machine" formidable qui, sans qu'on en soit conscient, s'autorégule en permanence, s'adaptant aux changements, désordres et fluctuations de toutes sortes.

L'apparition de symptômes "est l'expression extérieure d'un travail intérieur du corps, à la recherche d'un nouvel équilibre".

" mieux vaut aider l'organisme à trouver le chemin, le sens du nouvel équilibre, plutôt que de supprimer les symptômes ou de déclarer la guerre à la maldie".

 

 

-"La première rencontre avec le médecin devrait permettre que la demande d'aide se transforme en un questionnement sur le langage du corps, corps global qui implique l'âme et l'esprit, c'est-à-dire l'affectivité et la pensée.

Si le médecin se contente de répondre immédiatement à la demande par un remède qui supprime  le symptôme  ( ce qui d'ailleurs peut être indispensable), l'occasion de s'interroger sur le sens de tous ces signes du corps est manquée ou reportée"

 

- ce qui est considéré come psychosomatique, ce que la médecine n'explique pas de manière rationnelle est souvent minimisé, dévalorisé.

 

- "notre cerveau émotionnel garde une trace mémorisée de toutes nos expériences sensorielles et affectives (y compris celles de nos ancêtres),et ces expériences peuvent avoir un impact sur des organes ou des fonctions."

 

- L'homéopathie, l'ostéopathie et la médecine traditionnelle chinoise offrent des espaces de soin très intéressants car ils posent la question du sens,  interrogent les liens qui existent entre le corps et l'esprit et proposent une approche plurielle ( hérédité, environnement, hygiène de vie...)

 

 

Ce livre pose une question pertinente et fondamentale. En ce sens, il est très intéressant.

Cependant, à mon avis ,  il mériterait une suite qui proposerait plus de  réponses, de cas pratiques illustrant l'idée que le corps exprime des maux  intérieurs. J'aurais aimé trouvé d'avantage d'informations sur le langage du corps, sur la signification de telle ou telle maladie selon la médecine chinoise par exemple.

 

 

 

Macbeth

"Guérissez ! Ne pouvez-vous traiter un esprit malade, arracher à la mémoire un chagrin enraciné, effacer les soucis inscrits dans le cerveau, et grâce à quelque antidote de doux oubli, soulager la poitrine oppressée du poids périlleux qui pèse sur le coeur ?

 

Le médecin

Il faut ici que le malade soit son propre médecin"

 

Shakespeare

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 00:35

 

 

 

Un livre magnifique, poignant qui nous touche et nous  tient en haleine du début à la fin, dans un style remarquable.

L'auteur mêle avec brio  des élans poétiques, des descriptions que l'on n'a pas envie de lire en diagonale pour une fois, un suspens digne d'un excellente intrigue policière et une pléiade de réflexions et sentiments qui nous font voyager de lui aux autres, à nous...

 

"Sarah a disparu depuis un an, sans plus jamais faire signe"

Paul, son mari, et ses deux enfants tentent de survivre à l'absence, désespérément;

Sarah est elle partie, épuisée de vivre ?

  A-t-elle été agressée, mortellement ? Est-elle retenue quelque part ?

 

Le pire, est-il de ne pas savoir ou d'espérer ?

Comment un père peut-il expliquer l'absence d'une mère à ses enfants ? Comment y faire face? Est-ce possible ?

 

 

Coup de coeur pour Olivier Adam et coup de foudre pour ses vents contraires

 

 

 

"Par l'embrasure j'ai contemplé tout ce petit monde et j'ai prié pour que rien ne change, pour que tout reste en l'état  pour les siècles futurs. Ou que tout s'arrête et disparaisse sans cri ni douleur. Mais le pire était à venir. Ce n'était même qu'un début. Le pire était certain. Il avait déjà eu lieu. Nous n'étions pas au bout de nos peines. Je le savais. Les jours qui suivraient seraient les plus douloureux, les plus violents, les plus déchirants de notre vie et j'ignore encore comment nous avons pu nous sortir de tout ça, rester vivants tous les trois.

(...)

Dehors le ciel se découpait en larges bandes contradictoires : des litres de lumière dorée se déversaient sur la cour, par l'ouest les nuages noirs et violets déferlaient à toute vitesse, bientôt la pluie allait s'abattre sur les maisons au coude à coude, frottées les unes aux autres, serrées en retrait de la mer, poussées à l'eau par le pays tout entier, suspendues juste au-dessus, en lisière, marginales et fragiles, menacées mais debout."

 

 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 17:14

 

Un livre instructif qui offre un panorama des différentes formes de thérapie (d'interprétation, comportementales et cognitives, de groupes, familiales, humanistes, transversales...)

 

Un ouvrage qui répond à bon nombre de questions, telles que :

- Qu'est-ce qu'une psychothérapie ?

- Quand décide -t-on de faire une psychothérapie ?

- Qui sont les psychothérapeutes ?

- Comment évaluer une psychothérapie ?

 

Les plus :

Les auteurs abordent la théorie avec clarté et précision. Leurs propos sont riches et  bien structurés.

 

Bémol :

Certains passages m'ont semblé particulièrement complexes et, a priori difficilement compréhensibles pour un lecteur non averti.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 16:08

 De  ce livre, j'ai apprécié :  

 

* la présentation et  la définition des notions d'empathie et d'attachement.

 

* la description claire et simple des différents types de personnalité, illustrés par des portraits d'hommes et de femmes célèbres. Tels :

- Nietzsche, ou le style paranoïaque

- Marilyn Monroe, ou le style borderline

- Darwin, ou le style évitant

- Charles de Gaulle, ou le style narcissique

- Marie-Antoinette , ou le style histrionique

- Kafka, ou le style obsessionnel

- Edith Piaf, ou le style dépendant

- Fouché, ou le style antisocial

- Salvador Dali ou le style schizotypique.

Cette approche originale a le mérite de nous instruire de manière ludique.

 

J'ai également trouvé très intéressants les tests que l'on trouve à la fin du livre.

Ainsi peut-on évaluer :

- notre capacité d'empathie

- notre attachement durant l'enfance adapté

- notre style de personnalité dominant.

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 14:34

 

Joyce Jonathan
 

  Sagan, dans un style admirable nous parle d'une passion, qui naît, fleurit puis meurt.

 

Elle nous met aussi face à une interrogation fondamentale :

Qu'est-ce que l'amour pour nous ?


Un attachement tranquille pour ne pas dire ennuyeux

ou

un enchaînement  de sentiments violents ?

 

En d'autres mots, nous pourrions nous demander  si nous devons choisir entre "l'ennui et les ennuis".

 

 

Qu'avez-vous choisi ?

 

Extraits

 

" Quand je le vis, je me dis, une fois de plus, mais cette fois avec une espèce de douleur,  qu'il était très beau. Cela me fit vraiment un peu mal, comme toute chose que je ne pouvais prendre." 

 

" Une seconde je pensais qu'il m'aimait peut-être, qu'il ne voulait pas me le dire. Cela me faisait basculer le coeur dans la poitrine. Puis je me rappelai que c'étaient des mots, qu'effectivement il m'aimait bien et que c'était suffisant. Simplement nous nous accordions une semaine heureuse de plus . Après, il faudrait que je le quitte. Le quitter, le quitter...Pourquoi , pour qui, pour faire quoi ? Pour retrouver cet ennui instable, cette solitude dispersée ?

Au moins quand il me regardait, c'était lui que je voyais ; quand il me parlait, c'était lui que je voulais comprendre. C'était lui qui m'intéressait, lui dont j'aurais voulu qu'il fût heureux."

 

" J'eus l' intuition qu'avec personne je ne serais probablement aussi bien qu'avec Luc, qu'il était fait pour moi de toute éternité et que sans doute, il y avait une fatalité des rencontres. Mon destin était que Luc me quitte, que j'essaie de recommencer avec quelqu'un d'autre, ce que je ferais bien sûr. Mais jamais plus avec personne je ne serais comme avec lui : si peu seule, si calme et intérieurement, si peu réticente."

 

" Il aurait fallu y penser, tout au moins penser que ce pouvait être ça, l'amour : cette obsession, cette insatisfaction douloureuse."

 

"je le regardai. Il avait un visage tendu, désolé. Ainsi, il savait. Il savait tout.

(...)

Luc, ce n'est pas possible. Il ne faut pas que vous me laissiez. Je ne peux pas vivre sans toi. il faut que vous restiez là. Je suis si seule, je suis si seule. C'est insupportable.

(...)

Je m'accrochai à lui, j'aurais voulu être lui, disparaître.

Je te téléphonerai. Je te reverrai avant de partir, dit-il...je te demande pardon, Dominique, je te demande pardon. J'ai été très heureux avec toi . ça te passera, tu sais. Tout passe. je donnerais n'importe quoi pour ...

Il eut un geste d'impuissance.

Pour m'aimer  ? dis-je

Oui.

(...)

Il ne m'aimait pas. C'était bizarre, le désespoir ; bizarre qu'on en réchappe."

 

 

"J'étais une femme qui avait aimé  un homme. C'était une histoire simple".

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 00:03

Résumé de "Oedipe Toi-Meme 

Consultation D'un Pedopsychiatre"


Professeur Marcel Rufo

 

Oedipe toi-même !

 

"Faut-il dire toute la vérité aux enfants sur leurs origines ? Qu'est-ce que la rivalité fraternelle ? Comment se construit l'identité sexuelle ? Pourquoi s'invente-t-on un roman familial ? A quoi servent les symptômes et faut-il les guérir à tout prix ?... A ces questions et à bien d'autres, Marcel Rufo apporte des réponses concrètes, fruit de trente-cinq ans de pratique de la pédopsychiatrie. Loin de toute théorie abstraite, il explique, à travers des cas particuliers, comment les enfants et les adolescents expriment, dans leur corps et par leur comportement, les tourments et les désarrois qu'ils ne parviennent pas à mettre en mots. Quand certains se sont plus à nous répéter que tout se jouait avant six ans, Marcel Rufo nous montre au contraire qu'il n'y a pas de fatalité. Tout peut se jouer sans cesse car, quelle que soit la souffrance initiale, elle ne présage jamais de l'avenir. Le livre d'un spécialiste pas comme les autres, chaleureux et généreux, pour qui chaque patient, aussi jeune soit-il, est un sujet à part entière, unique et libre. A lire d'urgence par tous les parents qui trouveront là des clés pour mieux comprendre leurs enfants."

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 18:45

 


 

 

 

J'ai beaucoup apprécié ce livre. L'auteur éclaire la théorie au moyen d'exemples simples et nombreux ; son ton  est bienveillant ;  le choix de la chronologie facilite la lecture et la compréhension de l'oeuvre.

Je recommande ce livre enrichissant et abordable à tous ceux que la notion de séparation (physique , psychique, affective...) questionne.

 

 


Un extrait de la quatrième de couverture

 

"Il  y a quantité de choses auxquelles il nous faut renoncer pour devenir adulte.

On ne peut pas aimer profondément sans devenir vulnérable à la perte de l'objet aimé et on ne peut devenir un être responsable, conscient relié aux autres, sans passer par les moments de renoncements, de deuils, de lâcher -prise.

Judith Viorst, avec esprit, courage, lucidité, retrace pour nous le long chemin qui va de la perte des illusions et de la jeunesse, au départ ou à l'abandon de ceux que nous aimons, à leur disparition. Sans oublier la réalité de  notre propre mort, qui doit nous trouver prêts, et, à l'instant ultime, nous fait grandir encore."

 

 

  Quelques notions et passages  qui ont retenu mon attention

 

La compulsion de répétition

 

A propos de la compulsion de répétition, qui consiste à « reporter sur le présent » un élément de son passé.

 

"On répète le passé en reproduisant des situations antérieures  (...)

Nous répétons aussi le passé en superposant des images parentales sur le présent, aussi flou que soit le résultat...

On répète le passé même lorsqu'on essaie consciemment de ne pas le faire, même si la tentative est désespérée...

 

Comment expliquer « la compulsion à répéter ce qui fait mal » ?

Selon l’auteur, « elle peut être comprise comme une tentative désespérée pour (..) réécrire le passé. » dans le but d’écrire « une fin différente ».

Ainsi « par la répétition d’expériences pénibles nous exprimons notre refus de laisser reposer en paix les fantômes de notre enfance. Nous continuons de réclamer à grands cris une chose qui ne peut pas être. On peut bien nous applaudir à tout rompre, maintenant, maman ne nous applaudira pas à cette époque-là. Il faut renoncer à cet espoir, laisser tomber.

Mais c’est en vain.

« Car nous ne pouvons pas embarquer dans une machine à remonter le temps, redevenir l’enfant disparu depuis si longtemps et obtenir ce que nous voulons au moment où nous en avions si désespérément besoin. Le temps de tout obtenir est fini et bien fini. Nous avons des besoins que nous pouvons satisfaire par d’autres moyens plus valables, des moyens qui donnent lieu à une expérience nouvelle. Mais tant que nous n’avons pas pris le deuil de ce passé, tant que nous n’y avons pas renoncé, nous sommes condamnés à le répéter.

 

 

La culpabilité

 

Nous éprouvons tous de la culpabilité et cela est nécessaire. Mais parfois, nous éprouvons une culpabilité excessive, « inadéquate ».

C’est la cas, lorsque :

-  nous confondons pensées et actes coupables, mauvaise pensée et mauvaise action.

- « nous prenons des mesures punitives disproportionnées. Pour un acte répréhensible qui ne devait entraîner qu’un « je vous demande pardon » (…), on assiste à de surprenants actes d’auto-flagellation : « j’ai fait cela, comment ai-je pu faire faire ça, seul un monstre de bassesse et d’immoralité peut faire une chose pareille, en conséquence de quoi je condamne ce criminel (moi-même) à cette mort ».Cette culpabilité excessivement punitive revient parfois à verser tout un bol de sel sur un sandwich œuf-salade. Personne ne nie que le sandwich manque de sel, mais pas à ce point-là. »

- autre excès possible : la culpabilité qui se fonde sur l’idée que nous sommes responsables des échecs, déboires, maladies ou difficultés des autres.

« Ce qui se passe ici c’est qu’en prenant la faute sur soi on se donne un pouvoir de vie ou de mort. On se dit qu’on préfère se sentir coupable plutôt que désemparé, privé de contrôle.

D’autres ont besoin de croire que Quelqu’un Là-Haut détient le contrôle.(…) Il y en a qui n’acceptent pas l’idée que la souffrance frappe au hasard. (…) Ils ajoutent ainsi à leur douleur la conviction de souffrir parce qu’ils le doivent, la certitude que leur douleur est la preuve suffisante   de leur culpabilité. (…)

L’analyste Selma Fraiberg dit qu’une conscience saine produit des sentiments de culpabilité proportionnés à l’acte et que ceux-ci servent à prévenir d’éventuelles réitérations de l’acte ».

Cette culpabilité se distingue de la culpabilité névrotique qui « peut être introduite par les événements  des temps pré oedipiens ( par l’angoisse et la colère suscitées par les séparations précoces ou les conflits avec les parents…) ex : « j’ai été abandonné parce que j’ai été méchant, donc je mérite d’être puni. Ou bien elle peut condamner fermement les aspects de nous-mêmes que condamnent nos parents (…) Ou alors elle peut véhiculer un lourd fardeau de colère jadis dirigée contre père et mère et désormais énergiquement recentrée sur nous-mêmes. » 

 

 

Etre adulte  

 

« Etre un homme c’est, précisément, être responsable » Antoine de Saint-Exupéry

 

« Un adulte sain peut quitter et être quitté. Il peut survivre en sécurité par lui-même. Mais il est également capable de s’investir et d’avoir une vie intime. (…)

Un adulte sain peut intégrer les dimensions multiples de l’expérience humaine, abandonner les simplifications de la folle jeunesse, tolérer l’ambivalence, envisager la vie sous plusieurs angles à la fois (…)

Un adulte sain a, en outre une conscience et bien entendu une culpabilité, la capacité d’éprouver du remords et de se pardonner à lui-même. Notre moralité nous apporte des restrictions, pas un handicap (…)

Un adulte sain peut partir à la recherche de son plaisir et en jouir, mais il est aussi capable de regarder sa douleur en face et d’y survivre. En s’adaptant de façon constructive et en se défendant de façon souple, il se rend capable  d’atteindre des objectifs importants. Nous avons désormais appris à obtenir ce que nous voulons, et aussi à rejeter l’interdit et l’impossible, bien que (à travers nos fantasmes) nous restions en communication avec eux..

Mais nous savons établir une distinction entre réalité et fantasme.

Et nous sommes en mesure (ou relativement en mesure ) d’accepter la réalité

Et nous sommes  (pour la plupart) disposés à rechercher nos gratifications dan le monde réel.

(…)

Accepter la réalité c’est être parvenu à un compromis avec les limitations et les imperfections du monde (ainsi qu’avec les nôtres). C’est aussi fixer des objectifs réalisables, des compromis et substituts qui viendront prendre la place des rêves infantiles parce que…

Un adulte sain sait que la réalité n’a à lui offrir ni sécurité infaillible ni amour inconditionnel.

(…)

Il faut du temps pour grandir, et il nous faudra peut être longtemps pour apprendre à équilibrer rêves et réalités ».

 

 

Etre parent

 

« (…) Il y a des limites au pouvoir qu’ont les parents. (…)

Nous vivons  avec le fantasme de sauver nos enfants.

La réalité nous rejoindra plus tard alors que nos enfants sont sortis et que le téléphone sonne. Elle viendra nous rappeler (comme nous décrochons et que notre cœur s’arrête de battre) que tout , même le pire, peut arriver. Et pourtant, même si le monde est plein de périls, et la vie des enfants dangereuse pour leurs parents, il faut qu’ils partent, il faut les laisser partir. En espérant qu’on les a convenablement pourvus pour le voyage. En espérant qu’ils mettront des bottes pour marcher dans la neige et que s’ils tombent, ils se relèveront. En espérant… »

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 14:54

 

 

"  Souviens-toi de ce qui te cause du tort, ce n'est pas qu'on t'insulte ou qu'on te frappe, mais l'opinion que tu as qu'on te fait du tort. Donc si quelqu'un t'a mis en colère, sache que c'est ton propre jugement le responsable de ta colère. Essaie de ne pas céder à la violence de l'imagination, car une fois que tu auras examiné la chose, tu seras plus facilement maître de toi."

 

Epictète

 

" L'agressivité serait-elle une fatalité de la vie moderne ? Que ce soit au bureau, dans les transports en commun ou en famille, il n'est pas rare de se sentir agressé plusieurs fois dans une même journée.

Inversement, qui n'a pas cédé à la colère pour des mobiles qui, a posteriori, semblent dérisoires, voire injustes ?

Le stress suffit-il à tout expliquer ? Et peut-on apprendre à mieux gérer son comportement et celui d'autrui pour éviter l'escalade ? "

 

 

Dans les deux premières parties de l'ouvrage, l'auteur nous propose une définition de l'agressivité, un panorama de "l'histoire de l'agressivité", le point de vue de la psychanalyse sur cette notion ( selon Freud, Adler, Abraham et Klein), la "biologie" de l'agressivité (le rôle du cerveau), l'agressivité dans les différents âges, dans les troubles psychiques, dans les maladies organiques, chez les criminels ; les liens que l'on peut établir entre  l'agressivité et  le stress, l'alcool, le café, la cigarette ;  l'amour, l'amitié, les relations familiales...; le sport, la télé, l'école, la politique.

 

Puis, Christian Zaczyk se penche sur plusieurs notions  

 

_ La notion de communication . Il distingue la communication  digitale, c'est-à-dire verbale  et analogique ( = non verbale : postures, gestes, mimiques, inflexions de voix, intonation, succession de mots...). Les interprétations parfois erronées des messages envoyés ou le décalage entre les différentes formes de communication créent des malentendus, des tensions, des conflits...

 

- La notion de causalité.

"On parle de causalité linéaire quand un événement A entraîne un effet B.

La même cause produit toujours le même effet.

Dans la causalité circulaire, on ne sait pas si A précède B ou inversement.

Chaque élément est cause et effet. La dispute dans un couple suit souvent cette logique. B prétend que A a commencé, A prétend que c'est B, sans s'apercevoir que la réponse de l'un influence celle de l'autre (notion de rétroaction).

(...)

Dans ce modèle causal circulaire, le symptôme a une fonction : il sert de message par son effet sur la relation. L'effet pervers est que le symptôme peut servir à l'équilibre du système".

 

- Les   relations symétriques et complémentaires entre deux partenaires :

Selon lui, " dans une relation fondée sur l'égalité, les partenaires adoptent un comportement en miroir. On assiste à une minimalisation des différences. Le danger vient de la rivalité. L'escalade symétrique risque, par un emballement du système d'aboutir à terme à des scènes et des conflits et à la frustration des deux partenaires; ils s'arrêtent quand ils sont épuisés, dans une trêve passagère, puis recommencent. Les relations symétriques saines sont caractérisées par le respect mutuel et la confiance réciproque qui évitent la malheureuse escalade symétrique.

Dans une relation complémentaire, l'un des partenaires occupe la position haute, l'autre la position basse. Ce type de rapports existe socialement, c'est le cas de la relation mère-enfant, médecin-malade, professeur-élève, et certains couples...

Chez l'un des partenaires ou les deux, on assiste  à un sentiment croissant de frustration. Ces individus sont adaptés en dehors de la relation et affichent un comportement satisfaisant. En présence de leur partenaire, ils changent du tout au tout.

Une thérapie de couple peut viser à introduire une dose de symétrie dans la complémentarité, ou l'inverse".

 

 

  La troisième partie de l'ouvrage s'intitule comment faire face à l'agressivité ? 

Impossible pour moi de reprendre tout ce qui a été dit, tant ces passages sont  riches.

  Un certain nombre de points ont cependant  particulièrement retenu mon attention :

 

- On trouve souvent à l'origine de l'agressivité, des pensées négatives ou hostiles. ; le fait de repérer ces pensées hostiles peut permettre  de diminuer l'importance de leurs conséquences en  trouvant des alternatives rationnelles.

En effet, selon l'auteur, "ces pensées comportent des distorsions cognitives qu'il convient de remplacer par des pensées plus conformes à la réalité" et ceci dans la mesure où ce "n'est pas l'événement qui nous affecte, mais l'idée qu'on en a. En d'autres termes, ce n'est pas la situation qui provoque le sentiment de colère, mais la façon dont vous l'interprétez."

 

  - "Si l'agressivité n' a pu être complètement désamorcée par l'identification des pensées hostiles, exprimer sa colère est préférable. Cela ne signifie pas qu'il faille l'accompagner d'un comportement agressif.(...)

La colère peut toutefois permettre de mettre au jour des problèmes si l'émotion ressentie est reprise ensuite dans une discussion constructive.( ...)

La colère non exprimée induit en effet non seulement des manifestations somatiques comme des douleurs diverses, un état de tension mais aussi des ruminations hostiles qui auront tendance à s'extérioriser de façon camouflée par de petites réflexions, de la médisance, le mépris, l'hostilité passive. (...)

Exprimer sa colère ne signifie pas tout casser dès qu'on se sent mécontent, mais dire les choses de façon affirmée.


- "Pour faire une critique de façon affirmée, il convient de suivre la procédure suivante :

- Définir le problème clairement ( Quand vous...)

- Exprimer les conséquences émotionnelles sur soi ( cela me touche...) ou matérielles ( cela me fait ...)

-  Rechercher des solutions en  impliquant l'autre ( Qu'est-ce qu'on pourrait trouver comme solution ensemble?)"

 

4) "Pour formuler une demande sans être agressif, les principes sont les suivants :

- Déterminer votre objectif ( ex : demander un congé à son patron)

- Exprimer la demande avec clarté

- Persister dans la voie de la demande (technique du disque "rayé" ou "brisé" qui consiste à répéter la critique ou la demande)

- Expliquer les conséquences sur soi

- Montrer de l'empathie ( c'est "la capacité de se mettre à la place de l'autre, de ressentir ce qu'il ressent").

 - Rechercher des solutions, des compromis, un message positif..."

 

- "Refuser sans agresser

- "Dire "non " ( Je ne suis pas d'accord, je ne le souhaite pas, cela ne me convient pas"...)

- Persister ( disque "rayé")

 - Suggérer une alternative ( "Peut-être pourrais-tu" ...)"

 

- "Faire face à l'agressivité venant des autres

* Avant la mise en situation, identifier les schémas de pensées associées à l'agressivité ( ce que je pense, ressens ? pourquoi ? ce que j'imagine, les conséquences, les solutions ?)

* Pendant la situation, garder son calme  en prenant du recul par rapport au contenu digital et contrecarrer les pensées associées à la colère.

* Après la situation, parler, décrire l'événement consulter un spécialiste. Eviter les "j'aurais dû faire ceci" et réfléchir plutôt aux stratégies futures".

 

  - "Mettre les autres en furie :

 * Adoptez la technique du "rejetez-moi"

* Refuser d'avoir une bonne communication quand l'autre aborde des problèmes ( lui dire en langage analogique "cause toujours, tu m'intéresses" en allumant la télé, en continuant à vaquer à vos occupations, en rangeant vos dossiers, en quittant la pièce, en utilisant l'ironie, le sourire en coin, le regard complice avec une autre personne.

* Sourire ouvertement, remuer la tête avec l'air de dire "n'importe quoi" quand un orateur s'adresse à un groupe dont vous faites partie.

* Se comporter comme si l'opinion de l'autre n'avait aucune valeur.

* Attaquer l'estime de soi , de l'autre ( "tu es nul, tu ne comprends jamais rien").

* Montrer de l'hostilité passive : dire "oui, je m'en occupe" et ne rien faire du tout.

* Médire en s'arrangeant pour que l'autre le sache."

 

- "Faire face à une critique

Quand la critique est bonne :

 * Ecouter attentivement

* Reconnaître que l'autre a raison en dissociant votre comportement critiqué d'un jugement négatif sur la totalité de votre personne. Ne pas minimiser ou ridiculiser ce que l'autre a dit.

* Montrer de l'empathie ( "je comprends que tu ...")

* Expliquer ce qui vous fait agir ainsi.

  * Proposer un changement ou un non-changement.

Quand la critique est fausse :

* Ecouter attentivement

*Nier

* Procéder à une enquête négative = demander si vous avez fait autre chose de déplaisant en recherchant tous les défauts que vous pourriez avoir, selon votre interlocuteur et en demandant des précisions.

* Persister dans la négation

Quand la critique est vague

* Ecouter attentivement

 * Accuser réception de la critique et reformuler " si je t'ai bien compris, tu trouves que ...

  * Demander des précisions  : a) la critique est vraie (accord); b) la critique est fausse ( voir précédemment)

* Adopter la technique du disque "rayé", du brouillard, de  l'édredon.

Le brouillard consiste à être d'accord tout en restant vague sur le caractère de la critique et son bien fondé afin de ne pas offrir de prise à l'autre.

La technique de l'édredon consiste à répondre "c'est exact" à un fait indéniable et "c'est possible" à une simple opinion."

 

  - "Face à la médisance

Quand une personne se plaint de médisance, je lui expllique que le problème n'est pas la médisance elle-même, contre laquelle on ne peut réellement agir, puisqu'il s'agit d'une manifestation cachée de l'agressivité, mais le ressentiment qu'elle a sur nous. J'aime alors prendre l'exemple du canard : quand un canard prend son envol sous une pluie battante, ce qui peut le mettre en péril, ce n'est pas l'eau elle-même, mais le fait que ses ailes ne soient pas impeméabilisées. Les médisances doivent glisser sur vous comme les gouteletttes d'eau sur les ailes d'un canard. Pour arriver à ce résultat, il faut agir sur les schémas de pensées qui induisent la réponse aux médisances.

Si ces schémas de pensées ont autant d'emprise sur vous, c'est qu'ils reposent sur des croyances du type : "On ne peut pas vivre sans être aimé", "je dois avoir l'estime de tous", " Je dois tout réussir"?

Rayez cela de vos papiers ! il n'est absolument pas nécessaire et il est quasi impossible d'être aimé de tous. Si un de vos comportements est répréhensible, cela est humain ; vous avez le droit de vous tromper; une de vos actions ne définit pas votre être tout entier. Prenez les reproches comme une opportunité pour vous améliorer. Si les médisances concernent votre manière d'être, voyez si vous avez envie de la modifier et comment. Si les médisances sont infondées, dites-vous que les autres ont aussi le droit à l'erreur."

 

 - Pour finir une citation

" Prends aussi l'habitude d'écouter sans distraction ce qu'on dit ; et entre, autant qu'il se pourra dans l'esprit de celui qui parle. "

Marc Aurèle, Pensées, Livre VI




 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:00

" Quand faut-il garder un secret ?

A qui revient-il de le révéler ?

Quand en parler ?

Comment faire en sorte que cela se passe bien ? "

 

A partir d'un nombre important de récits issus de séances de psychothérapie, l'auteur s'efforce de répondre à ces quelques questions , avec simplicité et humilité.

 

Evan Imber-Black démontre également que le secret de famille est  une notion complexe, délicate, personnelle  et universelle car toute famille a son (ses) secret(s).

 

Ce livre est passionnant, touchant et très instructif . On apprend entre autre que :

 - des secrets, il en est de toutes sortes : doux, essentiels, toxiques, dangereux...

 - un enfant, invite presque toujours sa famille à la révélation, que ce soit par des questions directes,  des allusions ou un comportement atypique;

- les secrets se transmettent de génération en génération, "comme des bombes à retardement";

- "le fait d'être exclu d'un secret de famille peut altérer l'identité et le comportement, engendrer un manque de confiance en soi, des sentiments de distance, de suspicion et faire obstacle à la prise des décisions appropriées;"

 - il vaut mieux éviter de dévoiler un secret au moment d'un changement, d'une cérémonie, d'un rituel ( ex : Noël);

- "les familles ne se réveillent pas un beau jour en se disant : "tiens, si on s'inventait un secret !" Quand on recherche les origines de ce qui est caché, on doit tenir compte de l'histoire, de la culture, du pouvoir et de la politique. Les détails de ce contexte plus général sont le plus souvent flous ou occultés dans l'esprit des gens, ce qui ajoute au non-dit;"

- il est bon d'avoir des secrets, y compris vis à vis de ses proches ; trop de transparence nuit parfois à la relation ;

- "quand un enfant révèle un secret dangereux ( ex : inceste), il a besoin de prendre appui sur un adulte digne de confiance.

Les enfants ont besoin de savoir qu'il y a des adultes dans leur vie qui leur fourniront l'espace nécessaire pour explorer et exprimer tous leurs sentiments et leurs croyances contradictoires, faute de quoi ils se refermeront et construiront de nouveaux secrets autour de ces émotions dont personne ne veut entendre parler";

- "Il est des secrets qu'il ne faut jamais cacher aux enfants. Les informations sur l'héritage biologique, l'adoption, la conception par un tiers, et la composition familiale, comme par exemple, l'existence de demi-frères ou soeurs vivant ailleurs appartiennent aux enfants."

 

Et pour terminer, un paragraphe sur l'adoption :

"Lorsque j'ai commencé à pratiquer la thérapie familiale, tout le monde pensait que le secret était indispensable en cas d'adoption. On conseillait aux parents de dire à l'enfant qu'il avait été adopté et d'insister  sur le fait qu'il avait été "choisi", et qu'il avait donc quelque chose de spécial. Mais ce conseil était doublé d'un autre message : les travailleurs sociaux mettaient l'accent sur le fait que les parents devaient considérer leur enfant adoptif  comme n'étant aucunement différent d'un enfant biologique. Les services d'adoption déployaient de grands efforts pour que les enfants adoptés ressemblent aux parents adoptifs. (...)

L'adoption d'un enfant commençait dans le secret et devait le rester à jamais.

La loi interdisait aux services d'adoption de fournir aux familles adoptives des informations autres que sommaires sur les parents d'origine. (...)

Les mères biologiques, de leur côté, savaient encore moins de choses sur les familles qui allaient élever leur enfants. Elles étaient censées disparaître avec leur secret. (...)

Les intentions de départ étaient louables : il s'agissait de protéger les enfants et les parents adoptifs(...)

Mais les conséquences ont été tout autres. Dès le premier instant, avec la fabrication d'un nouveau certificat de naissance où les noms des parents adoptifs figuraient en lieu et place de ceux des parents biologiques, les enfants adoptés et leurs familles se trouvaient pris contre leur gré dans une conspiration du silence. Ainsi, toutes les spécificités d'un enfant adoptif devaient  être niées, y compris les différences de personnalité, de tempérament et de constitution physique.

Paradoxalement, ce déni de toute différence, censé rapprocher les enfants et les parents, a souvent pour effet de façonner des enfants qui se sentent rejetés ou des adolescents qui manifestent de plus en plus de traits que leurs parents préféreraient ne pas voir. Ce que les milieux de l'adoption appellent "les problèmes d'identité" des enfants adoptifs est une conséquence directe de l'absence d'informations sur leur histoire, leur identité et leurs origines biologiques. J'ai rencontré des familles où tout ce qui, chez l'enfant adoptif,  ne collait pas pas avec l'appartenance à la famille adoptive était ou bien minimisé, ou bien ignoré, ou bien, pis encore, puni. Lorsque ces stratégies  ne marchaient pas, surtout au moment de l'adolescence, ces familles passaient à l'extrême inverse, exagérant les différences et accusant l'adoption d'être la source de tous les maux. Ces deux atitudes masquent la complexité du processus d'adoption.

La chape du silence s'abat aussi sur les émotions profondes que met en jeu toute adoption, surtout le deuil. Dans toute adoption, il y a une part de perte et une part de gain. Lorsque le seul point de vue est une fiction sur "l'enfant choisi", alors la perte de la mère biologique, la perte de l'enfant, et la perte de la famille adoptive se trouvent toutes occultées.

En matière d'adoption, les choses ont beaucoup changé au cours des vingt dernières années.

(...)

Néanmoins, des milliers de gens qui ont été adoptés dans les conditions anciennes souffrent encore du secret qui leur a été imposé."


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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:04

Un roman de 325 pages que j'ai dévoré et dégusté.

C'est l'histoire d'Agathe et de Jérôme qui se sont probablement aimés un jour et qui, deux enfants et quelques années plus tard , ne s'aiment plus.

Un livre qui traite de la relation de couple, du mariage, de l'amour, du divorce, de la maternité, de la paternité, de la féminité, des regrets, des doutes, de la fidélité, du mensonge, de la perversité... avec sensibilité, humour , acidité et émotion.

L'amertume, la colère, la tristesse  et la souffrance d'Agathe sont palpables à chaque page et il semble difficile de ne pas sombrer avec elle dans le pessimisme et le désespoir.

Cependant, alors que l'on s'attend à recevoir le coup de grâce dans les dernières lignes, elle nous fait douter,  presque espérer.

Magnifique !

 

 

 

Quelques citations pour terminer :

 

" La fin du couple, c'est quand chaque mot signifie sans le dire la fin du couple."

 

"Toute relation est inscrite dans les premiers mots, comme dans toutes les musiques les premières notes donnent le ton, le genre, le tempo...

Dans les premiers mots échangés, on se dit l'essentiel, ce que l'on est, ce que l'on veut, ce à quoi l'on aspire : ce sont des moments de dévoilement, même à travers les échanges les plus anodins, on dit qui l'on est vraiment, mais aussi ce que sera la relation. On peut mettre des mois, des années, voire une vie à se rendre compte que tout était là, en gestation, dans l'attente de son déploiement."

 

" Que valait l'amour si ce n'étaient que des mots ? Et que valaient les mots, si ce n'était pas de l'amour ? ...

Quelle était ma part de responsabilité dans cette déchéance, qu'avais-je fait de mal, de faux, de médiocre, pourquoi et comment l'avais-je perdu ? A quel moment, à quelle heure, à quelle seconde ? Etais-je devenue trop mère, ou pas assez ? N'étais-je plus drôle, plus folle, plus suffisamment exotique pour lui ?

Ma faute était-elle de l'avoir choisi ou de l'avoir perdu ?"

 

 

" C'est un matin de juillet. Le soleil brille haut dans le ciel, et mon coeur est gonflé à l'idée que je serai bientôt unie à mon fiancé. Je pense avec exaltation à la vie nouvelle qui s'offre à moi, cette vie  de femme mariée que je désire tant depuis que je suis enfant, conditionnée par ma famille, et aussi par ces maudits contes de fées. J'aime , je suis aimée, je me marie et bientôt j'aurai des enfants qui viendront naturellement couronner l'amour triomphant, et non triompher de l'amour.

Les famille et belle-famille sont là, qui se congratulent. Je suis si heureuse. heureuse d'être la princesse d'un jour, la princesse personnelle de mon amoureux, devenir sa femme, acquérir le statut de "Madame". Enfin, je construis ma vie, j'en bâtis les fondations ; cela me rassure de ne plus être seule sur les sables mouvants. La vie est belle, l'avenir souriant. Tout le monde affiche un air heureux et parfaitement complaisant....

Nous danserons toute la nuit jusqu'à l'aube. Le matin, je me réveillerai en regardant la bague en or à mon doigt, et en me répétant la phrase qu'il a prononcée la veille, les yeux remplis de larmes : "Voici que tu m'es consacrée par cette bague."

Ainsi donc, je suis consacrée. Sacrée, donc. Et con, également. Sacrément con. De croire que le mariage me rend sacrée."

 

"La Prudence, enveloppée dans sa robe d'airain, me regardait, d'un air interrogateur. A quoi bon se laisser tenter par l'amour, si c'est pour se parler ensuite par l'intermédiaire des avocats ? A quoi bon se marier à la Mairie si c'est pour divorcer deux rues plus loin ? L'histoire naturelle du mariage : un fil droit tendu entre la Mairie, la Maternité, le Tribunal. Une histoire de bâtiments plus que de sentiments. Pourrais-je ouvrir à nouveau mon coeur ou était-il brulé à jamais ? Allais-je brûler l'amour avec cet amour ? Serai-je capable d'aimer à nouveau ?"


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